LE POINT SUR : LE PROJET ET LE PAYSAGE. QUELLE INSERTION PAYSAGERE POUR HORIZEO ?
Dans le cadre du dispositif de concertation continue sur le projet HORIZEO, les maîtres d’ouvrage ont souhaité proposer des « ateliers citoyens » à destination du grand public et en particulier des riverains les plus concernés. L’objectif de ces rencontres est de permettre aux participants de poser leurs questions et de donner leurs avis pour alimenter les réflexions des porteurs de projet.
Soucieux de proposer un projet cohérent, avec une insertion paysagère de qualité, les maîtres d’ouvrages ont mis en place 2 ateliers sur l’intégration paysagère du projet dans son environnement.
Ces ateliers ont été animés par deux paysagiste DPLG du bureau d’études en environnement ENCIS, afin de recueillir les attentes, avis et besoin des riverains du projet en matière d’insertion paysagère du projet dans leur cadre de vie. A partir de ces informations, de leur connaissance de l’environnement du site et du projet, les deux paysagistes ont proposé des mesures d’insertion éco-paysagère.
Ainsi, le 4 avril 2023, un premier atelier a été l’occasion de revenir sur le projet et ses contours avant d’échanger sur les attentes des participants vis-à-vis de l’intégration paysagère du projet en réalisant notamment une cartographie collective des éléments incontournables en termes de paysage, de tourisme et/ou d’environnement à prendre en compte dans la réalisation du plan d’implantation du projet.
A la suite de ces échanges, les paysagistes DPLG d’ENCIS ont réalisé des photomontages depuis 4 points de vue sur le site. Le choix de ces points de vue a été motivé par un ensemble de critères, à savoir :
- Proximité entre le projet et les lieux d’habitation et de passage,
- Espace ou enjeu dont l’importance a été soulevée par les habitants lors du premier atelier,
- Point d’intérêt local ou d’affluence plus large. Pour ce dernier point, il s’agit essentiellement du passage du chemin de Grande Randonnée GR 655, également support d’un des itinéraires des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle
Ils se sont ensuite basés sur les différents éléments récoltés lors des échanges issus du premier atelier tout en prenant également en compte les impératifs liés à la réglementation et à la biodiversité pour élaborer des propositions de mesures paysagères qui pourraient être envisagées.
Les photomontages réalisés ont ensuite été présentés sur site à l’endroit même où les prises de vue ont été réalisées, lors d’une randonnée paysagère, le 9 juin 2023, afin d’illustrer concrètement les mesures d’insertion paysagère envisageables à ce stade des échanges.

Vous pouvez retrouver ici les photomontages en vue réaliste présentant 4 points de vue spécifiques du site du projet avec :
- une vue du paysage tel qu’il pourrait être sans mesure d’insertion éco paysagère
- une seconde vue du paysage tel qu’il pourrait être avec une proposition de mesure paysagère.
Ces photomontages sont des documents de travail, réalisés à date et susceptibles d’évoluer dans le cadre des échanges de la concertation, des évolutions du projet et des études.
Que disent les scientifiques sur l’îlot de chaleur ? Retrouvez les résultats de 3 ans d’observations
Dans le cadre du projet d’étude Impacts mené par l’INRAe, une comparaison micro météorologique a été menée sur trois ans entre un parc solaire et une pinède. Le rapport d’étude a été publié en intégralité ici ou bien lire sa conclusion traduite en français ci-dessous. 👇
« Dans cette étude, nous avons examiné les implications microclimatiques potentielles, en termes de bilan énergétique et de température de l’air, de la conversion de peuplements forestiers tempérés en parc photovoltaïque. Grâce à un déploiement novateur à long terme de mesures par covariance des tourbillons dans un parc photovoltaïque situé dans une région tempérée, notre étude a révélé que, contrairement aux attentes, les flux thermiques au-dessus de la canopée forestière étaient supérieurs à ceux au-dessus du parc photovoltaïque, ce qui reflète une énergie disponible plus importante et des caractéristiques de surface différentes. Malgré ces différences, aucune différence significative de température de l’air n’a été observée pendant la journée entre les deux types de couverture végétale. De manière inattendue, les températures nocturnes dans la plantation de pins étaient parfois supérieures à celles du parc photovoltaïque, en raison de la quantité moindre d’énergie stockée disponible pour être libérée tout au long de la journée, conséquence de l’énergie extraite pour la production d’électricité. Cela souligne l’importance de ce processus pour la compréhension de la dynamique biophysique de surface. Nos observations ont montré que la végétation du parc solaire était plus résistante au stress hydrique, ce qui a contribué à maintenir l’évapotranspiration, contrairement à la pinède, qui était plus sensible au déficit hydrique.
Ces résultats mettent en évidence le rôle régulateur de la végétation sous les panneaux solaires dans le contrôle de la température de l’air, en favorisant l’évapotranspiration et en réduisant le flux de chaleur sensible dans le bilan énergétique global. Cette étude fournit des données supplémentaires permettant de quantifier les impacts associés »
L’enquête publique
L’enquête publique est un dispositif d’information et de recueil des avis de la population, elle est engagée par le préfet et conduite par un commissaire enquêteur (ou une commission) désigné par le président du Tribunal administratif.
Durant cette phase, l’ensemble du dossier déposé par les maîtres d’ouvrage est consultable en mairie et/ou en ligne. Un registre physique et/ou dématérialisé permet à toute personne intéressée de déposer une contribution au projet.
Une fois l’enquête publique close, le commissaire enquêteur rédige un rapport de synthèse auquel le porteur de projet doit répondre en apportant les précisions demandées. Le commissaire enquêteur émet ensuite un avis favorable ou défavorable. Cet avis est simple, il n’est pas contraignant mais est porté à la connaissance du préfet.
Étape clé de l’instruction, l’enquête publique aura lieu une fois l’ensemble des dossiers réputés complets et analysés par les services de l’État, notamment l’Autorité Environnementale. Après cette étape, la DDTM instruira le dossier vis-à-vis de sa compatibilité au titre de l’urbanisme et la préfecture statuera sur un accord ou un refus des autorisations du projet.
Le point sur : la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique français
Quelle est la différence entre mix énergétique et mix électrique ?
Afin d’analyser la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique, en France, il est utile de distinguer deux notions voisines : le mix énergétique et le mix électrique. Le mix énergétique représente la distribution des diverses sources d’énergie primaire (c’est-à-dire l’énergie disponible dans l’environnement et directement exploitable sans transformation) consommées en France. En 2021, le pétrole et le charbon occupaient une part supérieure à 30% du mix énergétique français (Sources : SDES, Bilan énergétique de la France publié dans les Chiffres clés de l’énergie – Édition 2022, SDES, Ministère de la Transition énergétique). Pour décarboner cette composition et poursuivre sa transition énergétique, la France a pour objectif d’électrifier son mix énergétique.

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Source : La transition énergétique en France | Ministères Écologie Énergie Territoires (ecologie.gouv.fr)
Le mix électrique français quant à lui reflète la répartition des sources d’énergie utilisées pour produire de l’électricité dans le pays. Pour observer la production d’électricité par filière sur différentes périodes, RTE (gestionnaire de réseau de transport français) a créé l’outil ECO2Mix qui regroupe toutes les données de l’électricité en temps réel.
CLIQUEZ ICI POUR LE CONSULTER : éCO2mix – La production d’électricité par filière | RTE (rtefrance.com)

ÉCO2Mix – la production d’électricité par filière. (s. d.). RTE. https://www.rte-france.com/eco2mix/la-production-delectricite-par-filiere
Des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables et des scénarios prospectifs :
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (loi française nᵒ 2015-992 du 17 août 2015) fixe l’objectif ambitieux de 40% d’énergies renouvelables électriques dans la production nationale d’ici 2030. Le solaire émerge comme une filière compétitive avec des coûts de production en baisse, permettant un développement conséquent avec des soutiens publics réduits. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2024-2028, outil de pilotage de la politique énergétique, prévoit un développement du photovoltaïque de 20,1 GW en 2023 et entre 35,1 et 44 GW en 2028. Enfin, ces objectifs se déclinent au niveau régional avec le Schéma Régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) de Nouvelle Aquitaine. Dans sa version la plus récente, le SRADDET de Nouvelle-Aquitaine fixe un objectif à 12 500 MW de solaire photovoltaïque en 2050 contre 3300MW en 2020, avec une étape à 8500 MW en 2030 (soit une multiplication par 4 par rapport à 2020). En parallèle, le Conseil Régional a adopté en juillet 2019, la “feuille de route de la transition écologique et énergétique”, baptisée NEO TERRA. NEO TERRA vise un taux de 45 % de production d’énergies renouvelables dans le mix énergétique régional en 2030et de 100 % en 2050 afin de faire de la région Nouvelle-Aquitaine un territoire autonome sur le plan énergétique.

Concernant l’avenir, le gestionnaire de réseau électrique RTE, dans son étude prospective « Futurs énergétiques 2050 » publiée en octobre 2021, propose six scénarios de production d’électricité française, tous convergeant vers la nécessité d’augmenter les capacités de production d’énergies renouvelables.
Quels défis pour le mix électrique ?
Le défi majeur du mix électrique réside dans sa diversification. La France doit opérer une diversification afin de rendre le système plus durable, accompagner le progrès technologique et surtout renforcer sa résilience. Actuellement, le nucléaire contribue à hauteur d’environ 63% de la production électrique, soulignant l’importance de diversifier pour anticiper d’éventuelles baisses de capacité en cas d’incidents. En 2022, les énergies renouvelables représentaient environ 24% du mix électrique français.

Bilan électrique de la France en infographies : que retenir de 2022 ? | Connaissances des énergies (connaissancedesenergies.org)
La France par rapport à ses voisins :
L’Union européenne a fixé des objectifs particulièrement ambitieux pour ses pays membres en matière d’énergies renouvelables avec un objectif de 42,5% de part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale en Europe d’ici 2030. En 2020, la France était le seul membre de l’Union européenne à ne pas avoir atteint son objectif de 23% d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie, ne représentant que 19,1%.

statistiques pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement, le logement, et les
transports : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/chiffres-cles-des-energies-renouvelables-edition-2021

renouvelables : la France, seul pays de l’Union européenne à avoir manqué ses objectifs. Le Monde.fr : https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/01/31/energies-renouvelables-la-france-seul-pays-de-l-union-europeenne-a-avoir-manque-ses-objectifs_6111689_3234.html
Sources :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Synth%C3%A8se%20finale%20Projet%20de%20PPE
https://www.ecologie.gouv.fr/transition-energetique-en-france
https://ekwateur.fr/blog/transition-energetique/mix-energetique-francais-quoi/
2023.06.06-Concertation-Comité de Suivi-Biodiversité-Compte rendu
2023.09.26-Concertation-Réunion publique-Présentation du projet
2023.03.28-Concertation-Comité de Suivi-Avancement du projet-Compte rendu
2023.06.08-Concertation-Comité de Suivi-Reboisement-Compte rendu
2023.06.15-Concertation–Comité de suivi-Gestion des risques-Compte rendu
